Des Sauvages
Le mot « sauvage » décrit ce qui n'est ni apprivoisé ni domestiqué, comme un animal vivant en liberté ou un végétal qui pousse naturellement. (Source: IA)
Principaux aspects de la vision du sauvage de l'ONU :
- Le « sauvage » se rapporte à la vie sur Terre, incluant les espèces animales et végétales dans leurs habitats naturels (forêts, océans, etc.).
- La faune et la flore sauvages apportent des bénéfices écologiques, scientifiques, éducatifs, culturels, récréatifs et esthétiques essentiels au bien-être humain et au développement durable.
- La conservation de ces espèces est cruciale, notamment via l'ODD 15 (Vie terrestre), qui vise à protéger les forêts, lutter contre la désertification et enrayer la perte de biodiversité.
- L’ONU met en lumière la nécessité de combattre la criminalité liée aux espèces sauvages, qui menace les populations animales et végétales, impactant l'économie et l'environnement.
En résumé, pour l'ONU, le « sauvage » représente la nature dans son état non domestiqué, vitale pour l'équilibre planétaire et le progrès humain, nécessitant protection et gestion durable.
Voilà en gros, pourquoi, nous les Métis, nous sommes fiers d’ « ÊTRE DES SAUVAGES »
Assis autour de la table de la cuisine, cinq ti mousses, ma mère, mon père, tous équeutent des petites fraises des champs, la récolte du jour. Un gros 5 gallons de plastique, renversé sur le côté, les fraises tombent au milieu de la table, sur un immense plastique, chacun, assis là et là, ont accès à ces précieuses pépites de Bonheur, un autre 5 gallons, un autre, et un autre, toute la soirée durant, pour se terminer très tard. Ma mère aux chaudrons pour cuire ces fraises, pour en faire des petits pots Masson, des tartes. Le lendemain, tout le voisinage le sait, les tartes aux fraises de Gérarda, ce sont les meilleures, chacun se régalent. Mais! D’où proviennent t’elles, toutes ces petites fraises? Tôt le matin, ma mère, les 5 ti-culs, les voisins, les voisines, se rendent aux champs, assis, ça et là, dans une belle « tale1 » de fraises, ramassent, chacun son petit bol de plastique à verser dans « son » gros 5 gallons, un par personne. Levant la tête à l’occasion pour voir où était le chien, car comme s’il comprenait l’importance de trouver ces amas de fraises, allait s’assoir au milieu d’une nouvelle « tale », nous attendait, rendant la recherche du précieux fruit plus facile, fallait pas perdre de temps, fallait en ramasser le plus possible. Tous ramenaient un 5 gallons rempli à moitié au trois quart, sauf ma mère, qui comme par magie, trouvait toujours le moyen de le remplir complètement, ça fait beaucoup de minuscules fraises. Deux de mes cousines étaient de la même carrure, la main en fourche, rapide, précise, tout en douceur à la fois, ramassaient plusieurs à la fois, si vite, qu’on avait du mal, non impossible à suivre. Elles étaient entrainées, très entrainées. Ce furent des journées d’été mémorables, exténuantes, longues, chaudes, un seul sandwich pour diner à la-va-vite, une soirée à enlever les queux des fraises, les petites « bibittes » , les nettoyer, car pas question de mettre en pot des cochonneries, des fraises des champs, c’est précieux, c’est de l’or, pour ces cueilleurs-chasseurs, qui doivent leur vie, leur survie, à l’abondance de la nature, au labeur de leur travaille. J’avais 6- 8-10 ans, un enfant qui suivait, comme les autres jeunes, ainsi que les adolescents de l’époque, pour cet effort collectif, familial, essentiel à leur qualité de vie, car qui dit fraises des champs, dit Gros Bonheur! Les prochaines semaines, framboises et bleuets seront aux champs, aux mains, aux corvées, au menu, miam, on va se régaler, après de gros efforts évidemment. Et c’était, il n’y a pas si longtemps!
Au matin, vers 7h00, au levé, passant devant la porte de la salle de lavage, pour me rendre aux toilettes, je voyais mon père, nettoyant ces 15 belles truites, revenant de la pêche matinale comme tous les matins d’été, avant d’ouvrir son garage, son commerce à 8h00. Une fois, je lui demandai de l’accompagner, le lendemain, à la pêche, avec plaisir de me répondre mon père. La gaffe! À 3h00 du matin, mon père, dans ma chambre à coucher, vint me réveiller, pour me préparer à partir pour la pêche, un oeuf, une toast, vite avalés, hop dans l’auto. Un chemin de bois si endommagé par la pluie, une côte si abrupte, ça faisait peur, le canot, sur le côté dans les broussailles, remis à l'eau en moins de deux, un manteau d’hiver, mon père me donna, car bien que l’été, la traversée du lac était glaciale, le vent, les vagues. Long, c’est très long, avant d’arriver « au spot secret », magique, où les truites foisonnent au fond, on les voient, là, juste là, sous le canot, autour de la source d’eau fraiche, prenant du bon temps. Mon père en attrape une, une autre, et une autre, me dit, tire tu en as une, quoi j’en ai une, je ne sens rien, rien de rien, rien ne bouge, pas une reflet de lumière sur la ligne, rien, pas de ti-coup, rien, aucun indice, c’est de la truite de lacs, pas de rivières à mon habitude que tu peux prendre directement entre tes deux jambes à l’occasion, étant coincée entre les roches, trop facile. Je tire, trop tard, elle a lâché, mon père me dit regarde j’en ai une, avant même de tirer, je ne vois toujours rien de rien, il tire « Bing » une autre truite dans le canot. Comment fait-il? Quel mystère! Un orignal, là, juste là, à 15 pieds de nous, vient manger, pas nous, la tête complètement sous l’eau, il mange de grosses racines d’algues, il en a plein la gueule, ça déborde de partout, que c’est bon, il déjeune, en nous observant en guise de spectacle. Que c’est beau la nature! Bilan! Papa 15 truites, la limite permise par jour, Rémi zéro, ça prend de l’entrainement, du tact, de l’observation, du métier comme on dit. Nouvelle traversée du lac, moins froide cette fois-ci, ça réchauffe, montée du chemin tout déglingué, je n’y serais jamais arrivé, mon père habitué passait sans souci, des endroits impensables-impassables. Quelle belle matinée, de pêcheur-chasseur-cueilleur. Mon père, il avait ça dans le sang comme on dit, il nous a quitté, cette année, à 95 ans, en 2025, il a tout donné à mon frère Benoit, Grand chef, ses secrets, ses talents, sa patience, car beaucoup de volonté, de travaille, d’efforts, d’essais, d’erreurs, sont nécessaires pour apprendre ces subtilités de la nature, pour transmettre se savoir faire, unique, transmis de génération en génération, depuis la nuit des temps. En ce qui me concerne, je n’avais pas la patience d’apprendre, je me destinais à devenir « végétarien », ou presque, quoi, c’est bon les légumineuses, le maïs, et facile à attraper. Et c’était, il n’y a pas si longtemps!
Fin juillet, ça bouge dans le champ d’en face, vite on traverse, tous, les ti-prouts du coin, se rendent, en aide, immédiate, sans promesse de paiement, sans paiement tout court, ils courent aider ce cultivateur qui commence les foins. Celui-là, pas comme Richard, qui fait encore à la fourche, celui-là il est moderne, il a une machine qui tirée par un vieux tracteur « décolissé », ramasse le foin, fait des balles de foins, des grosses, des moins grosses, difficile d’ajuster correctement, elles tombent par terre, faut les ramasser, les lancer sur la « woguin » sorte de plateau de bois sur roues, tiré par un autre vieux tracteur en tout aussi mauvaise état, les ti-poux, dix, quinze vingts courent à droite, à gauche, chacun ramenant une ou deux balles de foin, les lançant sur le traiteur roulant, la « woguin », un ou deux autres kids, les plus petits, moi, inutiles aux champs, dessus, les plaçant en ranger, un étage, deux étages, sept étages, les balles de foins arrivant de tous les côtés, fallait aller vite, très vite, fallait se surveiller pour ne pas en recevoir une par la tête. Une fois, au 7 ième rang, je me suis penché, la balle de foins, lancée par Donald, arriva d’un côté, retomba de l’autre, dans le champ, sans rien toucher, il lançait fort ce Donald, et 7 rangs de haut, fallait le faire, déjà que la plate forme était à au moins 4 pieds du sol juste au dessus des roues. Ça pesait des balles de foins, des costaux ces voisins, filles et fils d’agriculteurs. Une fois le champ désert, la course au lac, tous sautaient à l’eau, en guise de préliminaire au lavage, pour enlever tout ce foin dans les cheveux, sur la peau collante de sueur. Les rires, que de rires, pour seul salaire, à cette journée de labeur, pour ramasser ce foin si précieux, pour nourrir ces quelques vaches, toute l’hiver, qui donneront lait, viande, de quoi vivre, survivre une autre saison froide. Et c’était, il n’y a pas si longtemps!
J’ai quinze ans, c’est l’été, mon père me dit: « Burt, à besoin d’aide, il construit sa maison, peux-tu aller l’aider? Oui, c’est évident! Pour quel salaire? Aucun! Les murs, le toit, c’est de l’essentiel, on ne paie pas pour de l’essentiel, l’été est courte, faut se dépêcher. Un jour, deux jours, quatre jours, c’est fait, à grosse gang ça va vite, des murs, un toit, il peut continuer à travailler plus lentement, en sécurité de la pluie, de tout, je retourne travailler au garage de mon père, c’est la quatrième maison que je travaille pour, bénévolement, c’est comme ça ici, on ne paie pas pour l’essentiel, on ne paie que pour le luxe. L’essentiel, c’est gratuit, le mot le dit, c’est essentiel! On s’entraide. Nos cerveaux sont câblés pour comprendre cela, pour admettre cela, pour accepter cela, et pour faire en sorte. Nos cerveaux ne sont pas câblés comme ceux de l’Empire du Mensonge, qui profitent de l’essentielle pour faire profit, qui peuvent même créer de l’essentiel pour faire davantage profits. On le voit partout ici et là, dans leur société de l’essentiel à tous prix.
Mon autre frère, mai 2025, je descend l’aider pour faire la toiture de son garage, plusieurs sont venu l’aider, à différentes étapes, toutes les fins de semaine et pour d’autres en semaine, tous gratuitement, son garage, pour lui, fils de mécanicien, on le sait, c'est de l’essentiel, pour ces besoins d’entretenir, de réparer. Fin septembre 2025, ce même frère rend du temps non comptabilisé, à celui qui lui a fourni bulldozer, temps, outils en tous genres, pour construire à son tour, son nouveau bâtiment, 100 pieds par 40 pieds, en pleine forêt, une cabane à sucre, toute une équipe de castors se déploient, les travaux avancent très rapidement, gratuitement, car comme on dit, l’essentiel c’est gratuit, seul le luxe se paie. C’est comme ça que la Communauté des Métis s’entraident, depuis la nuit des temps, leurs cerveaux sont câblés comme ça!
Évidemment, ces comportements sont de plus en plus rares, mais toujours observables, même en 2025.
Et c’était, il n’y a pas si longtemps!
Nous sommes fiers d’être des Sauvages, câblés « Nature », car dans la Nature, même les fourmis s’entraident en groupe de travaille
Rémi Lavoie,
Métis de sang
Métis de comportements
Métis de cerveaux câblés différemment, « câblé Nature »
Ni apprivoisé, ni domestiqué par les colonialistes et les néocolonialistes de l’Empire du Mensonge.
présenté par Radio-Canada le 16 mars 2017 Ici le documentaire en video Utilisation de l'information par google Histoire de Louis Riel