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Campement sur bord de mer


L’adaptation au milieu, de l’ADN à la tolérance aux moustiques

Lors d’un voyage à Cuba, en décembre 2019, je me présente à la clinique Internationale, pour une insolation bien en règle, on me branche sur un sac d’électrolytiques, étant un homme de pays Nordique, exposé à la grosse chaleur, je me sens comme une bûche dans le poêle, pas facile. La Québécoise au côté de moi, son dos, est rempli de centaines de boursouflures, de piqures de moustiques, elle a le dos en sang tellement il y en a, même pas un pouce entre deux gros points rouges souffrants. Elle souffre. Les médecins lui appliquent crèmes, antibiotiques. Bizarre, je suis au même hôtel, à la même plage, aux mêmes moustiques, je n’ai aucune trace de piqures, pourtant j’en ai reçu autant qu’elle. Elle n’est pas la seule, la salle est pleine de Québécois, de touristes, à soigner, pour des centaines de piqures reçues, leurs peaux, les faisant souffrir, à grands gémissements.

Fin juin, Saint-Michel-du-Squatec, municipalité régionale du comté de Témiscouata au Québec, nous embarquâmes dans notre canot, direction lac Témiscouata, durée, des heures et des heures. Pour information, la rivière Squatec traverse trois plans d'eau importants : Grand lac Squatec, lac du Pain de Sucre et le Petit lac Squatec, connectés par des rivières. Elles coulent sur 35 km répartis selon différents segments, une se déverse sur la rive Est de la rivière Touladi, et fini son cours dans le Lac Témiscouata. (Source : Wikipédia). Sur un parcours de 35 km, lac, rivière, lac, rivière, ça en fait des moustiques, surtout fin juin, la pire période, en rivières, tout le long du trajet, des centaines, des milliers. On se fait piquer sans arrêt, en lacs c’est moins pire. Assis au fond du canot, t-shirt, pantalon court, il fait chaud, c’est le début de l’été. Un vrai festin, pour ces maringouins à peine dégelés de l’hiver, affamés, nous ramons, sans souci, bien sûr nous n’aimons pas les moustiques, c’est chiant les moustiques, surtout dans les yeux à l’occasion, on s’en fout, on rame, on rigole, on avance, on veut arriver avant la noirceur. Pas de chasse moustique, ça pu, ça colle, c’est dégelasse, au final, ce seront des centaines de piqûres, ici et là, sur notre peau d’Autochtone, de Métis. Je dis peau d’Autochtone, de Métis, car, aucune trace de piqures, aucune, à notre arrivée en soirée. Si un agent du Guiness nous attendait à l’arrivée, pour compter les boursouflures sur notre peau, zéro, il n’en trouverait aucune, pourtant ce sont des centaines de piqures reçues pendant le parcours, oui, notre peau, est protégée, adaptée, depuis la nuit des temps, nos ancêtres confrontés aux moustiques ont développés résistance, endurance, à ces agresseurs, tout comme notre ADN, notre peau en témoigne, encore aujourd’hui.

La plupart des Allochtones n’auraient pas supporté le voyage sans anti-moustique, ou filet de protection. Ils auraient terminé le parcours avec des dizaines de petites bosses sensibles sur la peau. Probablement, qu’ils se seraient plaint tout le trajet, de ces hordes de maringouins qui nous assaillent sans relâche. Comment savoir si un Québécois est un Métis? Lâchez le dans un tas de moustiques, s’il sort sans se plaindre vous avez votre réponse. S’il se plaint, vous devrez investiguer davantage, nous n’héritons pas tous des mêmes gênes de protection.

Une peau d’Autochtone, de Métis, anti-moustiques, héritée de nos ancêtres, endurcie de piqures en piqures, depuis la nuit des temps, ben voyons, ce serait comme imaginer qu’un Éthiopien aurait une peau noire, résultat d’une adaptation de sa pigmentation aux rayons brulants du soleil, ou qu’un Inuit aurait des yeux bridés, résultat d’une adaptation à la luminosité trop intense sur la neige immaculée, des coureurs des bois, des sauvages, vivants en pleine nature, en pleine forêt, la peau adaptée aux piqures de bibittes, tellement ridicule.

Le test des maringouins, ça ne trompe pas! Tout autant que l’ADN, il peut aider à démêler les vrais des faux.

Évidemment, il y a des Métis qui ne supportent pas les moustiques, qui n’ont pas ce précieux héritage d’une peau qui a évoluée depuis la nuit des temps dans ce sens, comme ce n’est pas tous les Métis qui ont les yeux bruns avec une vue perçante, qui distingue une proie à 2 km sur une surface plane. La loterie génétique apporte son lot de gênes différents, de gens différents, avec des qualités propres à chacun, et heureusement.

Et c’est, il n’y a pas si longtemps.

Rémi Lavoie